RWANDA: L’INSTRUMENTALISATION DU GENOCIDE

Selon la sagesse des nations, “le malheur des uns fait le bonheur des autres.” Le génocide rwandais de 1994 n’a pas fait que des morts et des misères, il profite aussi grandement à une certaine catégorie de rwandais qui, aujourd’hui, font la pluie et le beau temps dans le pays. En effet, le drame incommensurable qu’est le génocide au printemps 1994 est instrumentalisé par Paul Kagame, son groupe restreint et ses réseaux. Ladite instrumentalisation se fait à des fins économiques (A), politiques (B), sociales (C), Diplomatiques (D) et stratégiques (E).

La terre étant la richesse par excellence, surtout dans un pays comme le Rwanda très surpeuplé et où la quasi-totalité de la population ne vit que de l’agriculture, il sied de rappeler la bataille pour le remplacement au lendemain de la victoire du FPR. En effet, au titre d’une politique de “partage équitable” (isaranganya ry’ubutaka) adoptée à la va-vite par les nouveaux maîtres du Rwanda, les citoyens rwandais trouvés sur place ont dû céder gratuitement une partie de leur terre aux tutsis rentrés d’exil au lendemain du génocide. On observera, par la suite, une sorte de course à la spoliation des terres du domaine public, notamment au Mutara et les parcs de l’Akagera et des Birunga ainsi que dans les paysannats notamment du Bugesera et du Mayaga. De hauts cadres du FPR, fraichement rentrés d’exil, se vantaient ainsi de posséder, désormais, des kilomètres-carrés de terre. Signalons aussi la spoliation des maisons (kubohoza), des banques dont principalement la Banque Nationale du Rwanda qui fut entièrement pillée, des comptes de particuliers dans les banques commerciales, la spoliation du patrimoine des ambassades, le pillage de la Caisse Sociale du Rwanda etc. Soulignons, enfin, les tonnes de devises reçues des touristes aux mémoriaux du génocide, en particulier celui de Gisozi dans la capitale, où des ossements des victimes soi-disant exclusivement tutsis sont exposés. Ceux qui ont décidé de mettre ainsi la mort en spectacle savent, pertinemment, qu’aucun des leurs n’est exposé dans ces lieux.

Au titre de la lutte contre l’idéologie du génocide, une loi organique taillée sur mesure réprime de manière draconienne toute divergence idéologique et politique. Du coup, c’est le monopole politique qui prévaut au Rwanda. Les partis politiques les plus populaires (MRND et MDR) ont été dissous puis brutalement interdits, un forum des partis sattellites du FPR a été créé et consacre, de facto, un monopartisme primitif. L’arme du génocide est suffisamment redoutable que Kagame obtient régulièrement un score stalinien (99%) au titre de simulacres d’élections. Toute personne qui n’épouse pas cette idéologie du FPR, qu’elle soit rwandaise ou étrangère, est traitée de négationniste, génocidaire et autres qualificatifs et, comme tel, en subit de lourdes conséquences.

Avec sa mentalité revancharde et ségrégationniste, le FPR a instauré une sorte de globalisation dualiste qui divise la communauté nationale en deux camps diamétralement opposés : les BONS et les MAUVAIS. Au titre de cette logique surréaliste, les MAUVAIS doivent, au mieux, fermer la bouche et dépendre du bon vouloir des BONS et du souverain et, au pire, disparaître, d’une manière ou d’une autre, afin qu’à jamais prospèrent les BONS. C’est cette logique diabolique qui a donné lieu à l’opération “Punguza Wajinga” (réduisez ces imbéciles) au titre duquel les unités d’attaque du FPR ont perpétré des massacres à grande échelle dans les territoires Nord-Ouest et Est du pays tout au long de leur progression vers Kigali en 1994. Bien que discrètement, cette opération continue à ce jour. Le Rapport Gersonny fait état d’au moins 30 milles personnes tuées par les soldats du FPR au cours du seul mois suivant la prise de la capitale en début juillet 1994. Est considéré comme BON, tout individu qui accepte d’avaler sans réfléchir, ni poser de question, tout ce qu’impose le système du FPR.

Au titre du génocide, l’intelligentsia du FPR a conçu une approche diplomatique fondée sur la culpabilisation et le chantage: tout État ou organisation internationale est tenue de céder aux “larmes de crocodile” de Kagame et son groupe pour éviter d’être classé parmi les “mauvais” ceux qui collaboraient avec le régime déchu de Habyarimana ou d’être accusé de n’avoir rien fait pour arrêter le génocide. Ainsi, le FPR se fait octroyer des aides colossales ou obtenir des remises de dettes sur chantage. C’est aussi dans cette logique qu’une personnalité controversée comme Louise Mushikiwabo fut propulsée à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie. En effet, le FPR use de chantage pour positionner ses cadres les plus zélés à des postes stratégiques dans le système international pour prôner son idéologie mensongère et se rendre incontournable dans la région. 

Etant donné que les tutsis ne représentent que 14% de la population rwandaise, la situation d’infériorité numérique inquiète beaucoup l’oligarchie au pouvoir. C’est pour tenter d’y remédier qu’une politique assimilationniste a été adoptée comme conséquence du génocide de 1994. Dans cette logique, Kagame et ses proches mènent un rapprochement avec le monde sionniste se présentant eux-mêmes comme des “juifs à peau noire” ! Ils ont offert d’accueillir au Rwanda leurs “frères” les Falachas dont Tel-Aviv veut se débarrasser ; ils accueillent jusque dans leur armée des ressortissants de pays nilotiques (Somalie, Érythrée, Éthiopie, Soudan) etc. Enfin, Kagame et ses proches sont le fer de lance d’un gigantesque projet en cours dans la sous-région, à savoir la création d’un Empire Hima-Tutsi qui, comme ne cesse de le chanter sur les réseaux sociaux le Général Muhoozi Kainerugaba, fils et successeur potentiel du Président ougandais Museveni, couvrira toute l’Afrique tropicale s’étendant de l’océan Atlantique à l’océan Indien.

On le voit, le génocide rwandais n’a pas fait que des malheureux. Le FPR, qui en est à l’origine, a su en tirer grandement profit au point qu’il envisage même, sérieusement, en faire un levier du suprématisme tutsi. Ce qui est marrant est que ce génocide rwandais a été transformé par le FPR en le baptisant « Génocide des Tutsis» alors que ce génocide de 1994 n’a pas tué seulement des tutsis, mais auss beaucoup de hutus et même des twas.

Washington D.C
Le 2 Mai, 2024
Secrétariat Général
du MRD

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