Pourquoi le 6 avril est-il une date interdite à commémorer au Rwanda ?

Dans la nuit du 6 avril 1994, deux Présidents Hutu, Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi, ont été tués lorsque l’avion du Président rwandais a été abattu près de sa résidence à Kigali. Tous les occupants de l’avion sont morts dans cet attentat. À ce jour, personne n’a été tenu responsable de cet acte terroriste. La même nuit, dans la capitale Kigali, d’éminentes personnalités Tutsi et Hutu de l’opposition ont été assassinées, et c’est à partir de ce moment que le génocide rwandais a commencé.

Le gouvernement rwandais a fixé la date officielle de commémoration du génocide rwandais au 7 avril de chaque année. Au Rwanda, il est interdit de commémorer ceux qui sont morts le 6 avril et il est illégal pour les médias de parler ou de commenter ce qui s’est passé à cette date.

Selon le rapport de Human Rights Watch, “Habyarimana est mort le mercredi soir 6 avril 1994, lorsque l’avion qui le ramenait de Dar es Salaam a été abattu. Il assistait à une réunion de chefs d’État où il était censé avoir finalement consenti à la mise en place d’un gouvernement de transition à base élargie. Le Président du Burundi, Cyprien Ntaryamira, qui avait également assisté à la réunion, avait décidé de rentrer dans l’avion d’Habyarimana plutôt que dans le sien. Il mourut lui aussi dans ce crash, ainsi que le Général Nsabimana, chef d’Etat-major de l’armée rwandaise, et plusieurs autres personnes. Alors que l’avion s’apprêtait à atterrir, il a été touché par des missiles sol-air tirés depuis un site proche de l’aéroport de Kigali“.

La date de commémoration du génocide rwandais a été fixée au 7 avril par le gouvernement rwandais ; alors pourquoi pas le 6 avril ? En vérité, le choix de cette date est une falsification historique et fait partie d’une vaine tentative de Kagame et de son FPR de se soustraire à leur part de responsabilité dans la tragédie rwandaise. Sans aucun doute, l’assassinat du Président Habyarimana a été l’élément déclencheur du génocide rwandais. Que Paul Kagame et les radicaux du FPR aient délibérément planifié un tel acte de terrorisme qui a déclenché le génocide de membres de leur propre groupe ethnique est absolument choquant et épouvantable !

La nuit du 6 avril a été longue. Cette nuit-là, le Premier ministre du Rwanda, Agathe Uwilingiyimana, et d’autres éminentes personnalités Tutsi et Hutu de l’opposition ont été tuées dans des attaques qui restent largement non identifiées par de nombreux membres de la communauté internationale. Mais les rwandais qui vivaient dans le pays à l’époque savent que ces attaques ont été menées par le FPR, dont les pelotons d’exécution s’étaient auparavant infiltrés dans tout le pays, où le FPR avait déjà commencé à assassiner les notables Hutus. Le FPR avait renforcé sa position en faisant entrer secrètement des armes et plusieurs milliers de soldats à Kigali pour compléter les 600 soldats autorisés par les accords d’Arusha. Le FPR disposait également de plusieurs centaines de cellules à travers le pays. Le ministre Landouald Ndasingwa, Tutsi et frère aîné de la célèbre Louise Mushikiwabo (actuelle Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie), a été l’une des premières victimes du génocide, il fut assassiné par le FPR selon de nombreux témoins et journalistes d’investigation, notamment Judi River.

Sans l’assassinat du Président Habyarimana le 6 avril 1994, le génocide rwandais n’aurait pas eu lieu. Le 6 avril ne peut donc pas être commémoré par ceux qui savent très bien que l’assassinat du Président, acte terroriste qu’ils ont planifié, a été l’élément déclencheur du génocide.



Washington D.C – Le 02 Avril, 2024
Secrétariat du MRD

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