A Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général de
L’organisation des Nations Unies
New-York / USA
Objet : Tragédie des réfugiés rwandais et Scandale de la clause de cessation du statut de réfugiés
Excellence Monsieur le Secrétaire Général,
Nous venons devant vous pour dénoncer le mépris, par le gouvernement rwandais, du droit conventionnel de protection des réfugiés auquel il a adhéré sans réserves. En effet, depuis que la rébellion du FPR-Inkotanyi a pris le Rwanda en 1994, le pouvoir mis en place, conduit d’une main de fer par Paul Kagame, a adopté une politique oppressive envers les réfugiés rwandais ; il a aussi adopté et mis en œuvre toute une série de stratégies visant à attenter à la vie et à la sécurité de ses propres ressortissants réfugiés dans différents pays africains et ailleurs à travers le monde.
Excellence Monsieur le Secrétaire Général, la question qu’il sied de se poser est de savoir comment la junte au pouvoir a pu piétiner à ce point le droit conventionnel de protection des réfugiés et continuer à se rendre coupable des pires violations contre les réfugiés rwandais alors que Paul Kagame et ses compagnons étaient eux-mêmes réfugiés dans les pays de la sous-région, principalement en Ouganda. Le mouvement rebelle FPR (Front Patriotique Rwandais) était, avant tout, un mouvement de réfugiés déterminés à prendre d’assaut le pays de leurs ancêtres. Alors qu’un accord tripartite venait d’être trouvé entre le HCR, le Gouvernement rwandais et le Gouvernement ougandais en vue d’un rapatriement pleinement volontaire suivi d’un large programme d’accueil-réinsertion des réfugiés Tutsis ; les radicaux nostalgiques de la monarchie et partisans du suprématisme tutsis ont préféré lancer l’invasion du Rwanda. Ironie de l’histoire, la question du règlement définitif du problème des réfugiés au Rwanda faisait partie des objectifs cardinaux de leur lutte. Aujourd’hui, non seulement la question des réfugiés n’est pas résolue au Rwanda, mais encore elle s’est démesurément aggravée. En effet, en plus d’avoir produit des milliers de nouveaux réfugiés y compris ses anciens membres Tutsis, le FPR de Kagame a entrepris la chasse aux réfugiés rwandais partout où ils ont trouvé refuge. Ainsi, de multiples stratégies ont été cyniquement conçues et mises en action pour pourchasser et massacrer les réfugiés rwandais dans les pays limitrophes, particulièrement en République Démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
En RDC, le massacre organisé et systématique des réfugiés rwandais n’a pas cessé depuis la première invasion du Zaïre (actuel RDC) et la destruction des camps de réfugiés en 1996. Des centaines de milliers de réfugiés rwandais qui furent rapatriés manu militari en 1996-1997, beaucoup ont été tués par la soldatesque de Kagame et les usurpateurs de leurs biens, d’autres ont été éliminés par la justice-revanche traditionnelle Gacaca. Quant à ceux qui ont pu échapper au rapatriement forcé, le rapport mapping des experts enquêteurs, publié par l’ONU le 1er octobre 2010, fait état de 300 à 500 milles tombés sous l’artillerie du FPR dans la mangove congolaise. Malheureusement ledit rapport demeure déjudiciarisé, enfoui profondément dans les tiroirs à Genève et New-York.
La conséquence de cette impunité fut un ego surdimensionné des assassins du FPR-Inkotanyi qui ont par la suite monté des opérations et de véritables coalitions pour aller massacrer les réfugiés survivants en terre congolaise depuis 2009 : opérations Umoja Wetu, Amani Leo, Amani Kamilifu, Kimia 1, Kimia 2, Raia Mtomboki etc. Kigali a usé de son influence et de l’argent pour monter des groupes armés contre les réfugiés Hutu, et des moyens de combat démesurés (artillerie lourde, bombardements aériens, etc.) ont été déployés contre des réfugiés sans défense. En Ouganda, pays limitrophe au Nord, Kigali a, dans un premier temps, recouru au noyautage et à la corruption pour traquer et éliminer les réfugiés dans les camps (Nakivale, Kyaka 1, Kyaka 2, etc.) et en zone urbaine. Dans un deuxième temps, Kigali a déployé des escadrons de tueurs pour éliminer un par un des réfugiés préalablement ciblés. La liste des victimes est interminable.
S’agissant des réfugiés rwandais dans les pays africains non limitrophes, le Gouvernement Kagame a surtout usé de corruption, de délation pour mobiliser les autorités du pays d’accueil contre les réfugiés rwandais tout en entretenant de véritables escadrons de la mort qui ont ciblé l’élite au sein de réfugiés. Ainsi la liste de victimes du FPR-Inkotanyi est longue au Mozambique, au Malawi, en Afrique du Sud, en Zambie et en Tanzanie. Plus loin du Rwanda, en Europe et aux États-Unis d’Amérique, le Gouvernement de Kagame préfère utiliser le poison pour attenter à la vie des réfugiés et parfois des kidnappings. Par ailleurs, usant de ses relais diplomatiques en intelligence avec des associations locales manipulées et grassement payées, le Gouvernement Kagame recourt à la délation qui aboutit à des poursuites judiciaires pour génocide contre l’élite Hutu considérée à tort ou à raison comme opposant.
Voilà brièvement exposé, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, les données de la tragédie des réfugiés rwandais face à un pouvoir tyrannique irrespectueux des normes et principes internationaux. Signalons qu’au niveau interne, le Rwanda est loin d’être un pays sécurisé comme le prétend la junte au pouvoir. En effet, le pouvoir de Kagame est fondé sur trois (3) piliers à savoir le mensonge, le divisionnisme et la terreur. Kigali peut ressasser partout la fable de l’ultra sécurité et de la soidisante croissance économique à deux chiffres, il ne nierait pas que des milliers de rwandais fuient chaque année y compris ceux qui avaient participé à la prise du pouvoir par le régime en place.
Au regard des éléments ci-dessus et d’autres que nous sommes disposés à produire en cas de besoin, plaise à votre autorité :
- Suspendre la clause de cessation du statut de réfugiés pour tous les rwandais ;
- Dépêcher des enquêtes impartiales sur les assassinats de réfugiés rwandais dans différents pays africains pour constituer un 2ème rapport mapping ;
- Introduire en justice le Rapport Mapping et traduire devant les tribunaux les auteurs présumés dans ce Rapport Mapping ;
- Rappeler aux différents pays africains leurs obligations inconditionnelles en matière de protection des réfugiés en insistant sur le cas des réfugiés rwandais qui semblent marginalisés ;
- Imposer des sanctions à la junte au pouvoir à Kigali.
Veuillez recevoir, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de notre très haute considération.
Fait à Washington, le 14 Février 2025
Rev Christine Coleman
Présidente du MRD

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