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Son Excellence Mr le Président du Conseil de Sécurité de l’ONU New-York/USA
Objet : Imminence d’un nouveau génocide au Rwanda
Excellence Mr le Président,
Nous venons devant vous pour vous alerter et, à travers vous, mobiliser tous les décideurs du système international, afin qu’ensemble vous restiez attentifs au quotidien dramatique du peuple rwandais, au nom du devoir collectif de prévenir les atrocités, tel qu’incarné par l’engagement mondial “Never again”. En effet, nous sommes au regret de vous annoncer, Excellence Mr le Président qu’aujourd’hui le Rwanda, pays ayant enduré des massacres indicibles et un génocide en 1994, est menacé d’un nouveau cataclysme, suite au jusqu’auboutisme égoïste du Président rwandais Paul Kagame dont les propos incendiaires et la politique répressive risquent d’embraser à nouveau le pays.
“Si un seul parmi nous peut subir aujourd’hui, du fait de ce qu’il est, ce que les nôtres ont subi il y a trente ans du fait de ce qu’ils étaient, et que la justice s’avère incapable d’y mettre un terme, alors j’ose vous dire, bien haut et bien fort, que nous avons notre propre plan à mettre en exécution immédiatement”, a déclaré le Président Paul Kagame lors de la séance de prestation de serment du bureau de la Cour Suprême, en date du 12 décembre 2024. Cette déclaration, lourde de sens, suivait de près celle du nommé Bob Mugabe, journaliste influent mais aussi agent-relai de la Directorate of Military Intelligence (DMI) qui, deux (2) semaines auparavant, avait déclaré “si ces gens (i.e les Hutus) persistent à menacer la sécurité et la tranquillité des Tutsis, alors nous allons en venir aux mains, et ce sera rapide et suffisamment brutal que même le gouvernement ne pourra rien faire pour calmer notre ardeur.” Le commun de rwandais s’attendait à ce que suite à ces propos incendiaires, ledit Bob Mugabe soit poursuivi, puisqu’il met à nu, par ses propos, un projet de violence organisée et à grande échelle. L’impunité dont jouissent les auteurs de tels propos, loin de susciter des poursuites, sont repris par les plus hautes autorités du pays, ce qui illustre le soutien du régime à ces incitations à la haine.
Permettez-nous de vous dire, Excellence Mr le Président, que lorsque Paul Kagame Président du Rwanda évoque les mots “nous” et “les nôtres”, il veut en réalité parler des membres de sa communauté ethnique, les “Tutsis”. Et il sous-entend, au bas-mot, que c’est de la part des Hutus que tous les malheurs des Tutsis proviennent. Ces propos nous en rappellent d’autres encore plus crus, tenus par Paul Kagame plusieurs années auparavant : “A mon arrivée j’ai trouvé ce pays sale, à mon départ je le laisserai sale (i.e. couvert de cadavres)”, avait déclaré le Président Paul Kagame devant un public médusé lors de sa campagne présidentielle en 2010. Cette prophétie de malheurs est en passe de se réaliser aujourd’hui, au regard des faits, gestes et paroles du dictateur Paul Kagame et des ténors de son régime.
Excellence Mr le Président, si le génocide rwandais de 1994 a pu se dérouler dans l’expectative d’une communauté internationale indifférente et quelque peu ignorante, personne ne pourra dire ne pas avoir vu les signes avant-coureurs d’un nouveau génocide au Rwanda. Les propos de Paul Kagame, suivant ceux aussi clairs de ses porte-voix, comme le Ministre de l’Unité et de l’Education Civique le Dr Jean-Damascène Bizimana, l’Apôtre David Mutabazi, le journaliste-Agent de la DMI Bob Mugabe et d’autres encore, sont des signes suffisamment éloquents du cataclysme qui est en cours de préparation intensive. D’ailleurs, le Président Paul Kagame ne parle jamais dans le vide, il accompagne des actions coordonnées et hautement révélatrices déjà en cours. Le scénario est toujours le même : un Tutsi bien ciblé est assassiné par des hommes de mains du système et le Président Paul Kagame, sans enquêtes ni autre forme de procès, accuse les Hutus en disant qu’”ils continuent le sale besogne qu’ils ont commencé en 1994”. Une telle démarche n’a pour but que de légitimer une entreprise de grande envergure tendant à éliminer le maximum possible de Hutus, selon l’objectif de l’opération “Punguza wajinga = réduisez ces imbéciles” que Paul Kagame et ses collaborateurs ont conçu et mis en œuvre depuis leur assaut final sur Kigali en 1994.
S’agissant des faits et actes en prélude au génocide des Hutus, il y a lieu de citer, à titre d’exemples, les faits notoires suivants :
1. Militarisation des villages: la junte a disséminé des armes et minutions sur les collines du Rwanda. Selon les sources d’anciens cadres Tutsis qui ont fui le régime du Rwanda : dans chaque cellule administrative ou village, des agents de renseignement, des réservistes des RDF (Inkeragutabara), des jeunes Tutsis ayant fréquenté les centres d’endoctrinement idéologique “Itorero” détiennent au moins une arme automatique. Toutes ces tranches sont issues du groupe ethnique minoritaire Tutsi. Tout ce monde est prêt à ouvrir le feu contre l’ennemi HUTU au moment décrété par le parti au pouvoir le FPR de Paul Kagame.
2. Fichage ethnique: toute famille dont au moins un membre a fait partie de l’ancienne armée rwandaise (FAR), tout comme les familles Hutu ayant au moins un membre en Occident ainsi que les familles ayant au moins un membre réfugié dans l’un ou l’autre pays africain, toutes ces familles sont répertoriées par ordre de priorité selon leur “niveau de dangerosité” par rapport au régime. Le moment venu toutes ces familles seront prises à partie et exterminées.
3. Appauvrissement intentionnel: adoption d’un ensemble de stratégies visant l’appauvrissement accéléré de la masse Hutu avec comme leitmotiv secret “la faim fera le travail”. Dans cette perspective, diverses stratégies sont mises en œuvre et certaines depuis plusieurs années entre autre : privation de la terre, expropriations pour cause d’utilité publique sans contrepartie, monoculture, minimisation des prix aux producteurs etc. Cet ensemble de mesures de paupérisation a eu certains effets néfastes sur la vie des masses paysannes : près de 65% de la population vit avec moins de 1,25$/jour ; taux de chômage au sein des jeunes, plus de 40% ; taux d’abandon scolaire très élevé suite à l’incapacité financière des parents ; malnutrition pour enfants de moins de cinq (5) ans, plus de 40% ; réduction drastique des familles bénéficiaires de l’assistance sociale etc.
4. Terrorisme d’Etat: les Ambassades et les Consulats du Rwanda sont devenus de véritables casernes où des soldats et réservistes de l’armée sont affectés pour former des groupes d’Intore (jeunes miliciens du FPR) qui doivent se tenir prêts à exécuter toutes missions notamment toutes formes d’agressions contre des Hutus résidant à l’étranger.
5. Assassinats ciblés: le pouvoir a commandé divers types de poisons qui sont utilisés contre l’élite Hutu et devraient être largement disséminés dans les villes et les territoires du Rwanda au moment où le pouvoir le déciderait. Par ailleurs, la junte a dépêché dans certains pays des soldats et autres agents pour suivre des formations dans diverses techniques de torture, d’empoisonnement et de répression des masses.
6. Apologie du meurtre comme méthode d’Etat: menaces permanentes à l’encontre de l’opposition réelle ou supposée, à l’encontre d’hommes et femmes d’affaires : toute personne qui n’est pas du côté du pouvoir doit être neutralisée et mise à mort lorsque le pouvoir le décidera.
7. Exploitation militaire: envoi par milliers de jeunes Hutus pour servir de chair à canon sur le terrain de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo ; rapatriement forcé de FDLR réels ou supposés.
8. Diabolisation d’une partie de la société rwandaise: campagne constante de persécution, d’humiliation publique, de dévalorisation et de déshumanisation, de criminalisation collective du groupe ethnique HUTU à travers les discours officiels des hauts dirigeants dont le Président Kagame en personne, l’intimidation avec des lois liberticides comme celle relative à la répression de l’”idéologie du génocide” imputée sans preuves objectives à tous les Hutus quel que soit leur âge.
Excellence Mr le Président, vous constatez que le régime de Paul Kagame ne cesse d’attiser les divisions ethniques et de justifier la violence au nom d’un récit victimaire. Il est de notre devoir moral de prévenir cette catastrophe imminente. Face à cette situation nous, membres du Mouvement pour la République et la Démocratie (MRD), plateforme politique réunissant des femmes et hommes déterminés à éradiquer le règne de la terreur et à faire éclore un Rwanda apaisé, réconcilié et tourné vers l’avenir, appelons le Conseil de Sécurité de l’Onu à :
1. Condamner fermement les discours de haine émanant du Président Paul Kagame et de ses collaborateurs ;
2. Exiger une enquête internationale indépendante sur les assassinats récents et d’autres préparatifs en cours ;
3. Instaurer des mécanismes de protection pour garantir la sécurité et la paix publique. En particulier, dissuader le régime contre toutes atteintes et violations à l’encontre de Madame Victoire INGABIRE, leader de l’opposition rwandaise, constamment menacée de mort par le Président Paul Kagame ;
4. Accompagner une transition politique et sociale vers un Rwanda réconcilié, respectueux des droits humains et de la diversité.
Excellence Mr le Président, nous comptons sur votre leadership et votre engagement pour accompagner le peuple rwandais vers un changement politique et social garantissant un avenir radieux aux générations futures.
Veuillez agréer, Excellence Mr le Président, les assurances de notre plus haute considération.
Fait a Washington DC, ce 28 decembre 2024
Mme Christine Coleman
Présidente du MRD




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