LE MRD A L’ASSAUT DES PILIERS DU RÉGIME FPR
La sagesse rwanda dit “rubanda ntiruheranwa= le peuple est indomptable”. Voici trente ans que le Front Patriotique Rwandais -FPR-Inkotanyi-, ancien mouvement rebelle qui a envahi le Rwanda à partir de l’Ouganda dès le 1er octobre 1990, règne sur le pays des mille collines comme un lion dans la savane. Voici que, prenant pour succès le sacrilège le régime FPR-Inkotanyi, qui a longtemps bénéficié de soutiens dans le système international, a fini par étendre ses méthodes de domination sur l’ensemble de la sous-région. La conséquence en est les douze millions de morts dans la Région des Grands Lacs d’Afrique depuis que le Rwanda de Paul Kagame a envahi le pays de Patrice Lumumba en automne 1996.
Il est temps que la communauté internationale sache désormais lesdites méthodes utilisées pour soumettre et museler durablement le peuple rwandais, lesquelles méthodes ont assuré aux tenants du système FPR-Inkotanyi l’impunité, la toute-puissance, la complicité active et même la sympathie d’une certaine opinion internationale.
En tant qu’acteur politique d’opposition démocratique déterminé à apporter le changement tant désiré par le peuple rwandais souverain, le Mouvement pour la République et la Démocratie (MRD) veut dénoncer et combattre les piliers ci-après du système FPR-Inkotanyi, afin de rassembler le peuple rwandais meurtri pour faire éclore une société rwandaise plus juste, libre et plus sûre.
Examinons ci-après les trois piliers du régime FPR-Inkotanyi en place au Rwanda que sont le mensonge d’Etat (A), le divisionnisme (B) et le terrorisme (C).
A. LE MENSONGE COMME MÉTHODE D’ÉTAT
Dans l’esprit et la mentalité du personnage de Paul Kagame, dictateur en place au Rwanda depuis 1994, il y a trois types de vérité : la vérité officielle sans cesse matraquée et inculquée au menu peuple, la vérité “pour les Blancs” ou celle brandie aux décideurs politiques et économiques sur la scène internationale ainsi que la vérité “vraie” ou vérité tout court qui n’est détenue que par la clique autour du chef. Les deux premières formes de vérité, -celle officielle et celle pour les Blancs relèvent, en vérité, de la ruse et sont, tout simplement, du mensonge d’Etat qui est soutenu par quelques stratégies éhontées, entre autres :
– l’”itekinika” en kinyarwanda, c’est le mensonge et la manipulation par de vrais-faux rapports ou par des statistiques délibérément faussées. Par exemple, la junte au pouvoir a créé, en avril 2007 et pour tenter de riposter au rapport du juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, la Commission Mutsinzi pour enquêter sur cet attentat. Et au terme de plus de deux ans d’enquêtes, la Commission Mutsinzi conclut que l’avion du Président Juvénal Habyarimana a été abattu par ses proches, que Paul Kagame est plutôt le digne héros national qui a arrêté le génocide !
De la même manière, le pouvoir a créé la Commission Mucyo sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda. Et sans surprise, ladite Commission a sorti un rapport incriminant mensongèrement la France. En effet, la France est le seul pays qui, sur autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU, a volé au secours du peuple rwandais avec l’opération Turquoise ayant créé une zone humanitaire neutre où se sont réfugiés des milliers de rescapés tutsi et hutu.
Enfin, c’est en usant de l’itekinika, par des chiffres et statistiques truqués, que le régime Kagame prétend avoir développé le Rwanda qui connaîtrait désormais une croissance à deux chiffres, un cynisme sans pareil puisque les populations du Rwanda sont en proie avec la pauvreté, la faim et les maladies.
– la réécriture de l’histoire, ou vain exercice qui consiste à renverser les rôles, présentant les criminels comme des héros, et les victimes comme des bourreaux. Etant donné la répression brutale de toute contradiction et la terreur, les rwandais préfèrent se taire et exécuter les ordres. Le pouvoir peut ainsi formuler et reformuler des thèses qui blanchissent les vainqueurs de la guerre du Rwanda et noircissent ceux, Hutus et Tutsis, qui cohabitaient harmonieusement à l’époque du Président Juvénal Habyarimana. Ainsi, des commissions d’érudits ont été créées pour façonner des rapports, reconfectionner des curricula et des manuels scolaires qui donnent une version tronquée de l’histoire du Rwanda. Ainsi, les enfants du Rwanda apprennent que la Révolution sociale de 1959, qui a permis le passage du Rwanda de la féodalité à la République et des inégalités et de l’injustice à l’égalité des chances pour tous les rwandais, n’était qu’une aventure sanguinaire des génocidaires Hutus appuyés par l’Eglise catholique et les autorités coloniales belges.
De même, chose à peine croyable, la junte au pouvoir, par un matraquage vigoureux sur la scène internationale, en est arrivée à imposer sa version officielle aux Etats et organisations internationales. Quel scandale, en effet, d’avoir vu le HCR et les Nations Unies valider en 2004 le mensonge grotesque à l’effet que le Rwanda, à peine dix ans après le génocide, soit devenu un “pays sûr” dont les ressortissants réfugiés doivent se voir ôter le statut de réfugié!
Un autre exemple de la pratique institutionnalisée de l’itekinika-mensonge par de vrais faux rapports et de vraies fausses données réside dans le processus de financement et d’exécution de projets. Pour convaincre les bailleurs de fonds, le gouvernement ou l’un de ses démembrements lance des études de faisabilité orientées dont les réponses sont déjà écrites d’avance et, une fois le bailleur de fonds convaincu et qu’il débloque les fonds, ceux-ci sont utilisés autrement que prévu dans le compte d’exploitation. Signalons que sur tout l’ensemble de financements octroyés par les bailleurs de fonds pour des actions de développement, une grande partie est détournée à des fins personnelles ou pour être affectée aux domaines de la défense nationale, de l’espionnage et des guerres incessantes.
– le lavage de cerveaux, une vaste stratégie qui consiste à convoquer des jeunes rwandais, les embrigader dans des casernes pour les soumettre à un rigide processus d’endoctrinement, de socialisation raciste et de robotisation sous prétexte de leur dispenser ce qu’ils appellent “uburere mboneragihugu = éducation civique”. En réalité, les jeunes et moins jeunes qui participent, de force, à ces ingando en sortent totalement abrutis, ne connaissant que l’idéologie du FPR-Inkotanyi et ses soi-disant prouesses qui, en réalité ne sont qu’une succession de sacrilèges. Ainsi, ce sont ces jeunes endoctrinés et endurcis qui servent de pépinière au recrutement d’escadrons de la mort qui sont envoyés de par le monde pour épier les réfugiés, leur tendre divers pièges y compris leur donner du poison.
B. LE DIVISIONNISME
Le système FPR est passé maître dans l’art diabolique de fabrication des différences et des tensions en vue de les exploiter, sur le modèle antique “diviser pour régner“. On se souvient déjà qu’en prélude de l’attaque du 1er octobre 1990 et durant toute la guerre, les idéologues du FPR ont mené une vigoureuse campagne soutenant que les Tutsis du Rwanda sont privés de tous leurs droits et sont opprimés. Ils répéteront le même stratagème avec la création du M23 qui justifie sa guerre à l’Est de la RD Congo par le prétendu secours aux Tutsis congolais.
Dans la tragédie des populations de l’Est du Congo, tous les affrontements armés ont été fabriqués dans les laboratoires de Kigali. On se souvient du conflit o combien meurtrier qui a opposé les Hema et les Lendu depuis 1999, les affrontements inextricables qui ont opposé différents groupes Maï-Maï entre eux ou entre eux et d’autres communautés. On se souvient des massacres perpétrés par le Maï-Maï-Nduma, sous-groupe Maï-Maï instrumentalisé par Kigali, en 2010-2012. De même, le Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, officier tutsi ancien combattant du FPR, brandissait comme prétexte le secours aux populations rwandophones de l’Est du Congo. Enfin, au Burundi, Paul Kagame et ses agents tapis dans l’ombre ont tout tenté, depuis l’arrivée au pouvoir de feu le Président Pierre Nkurunziza, pour réveiller les tensions interethniques et provoquer la somalisation du Burundi. Ainsi, des assassinats ciblés de cadres et notables tant hutus que tutsis ont été savamment mis en œuvre, pour anéantir les initiatives de paix au Burundi.
Au Rwanda, en particulier, le système FPR-Inkotanyi règne en maître, en institutionnalisant les divisions au sein de la communauté nationale. L’instrumentalisation des différences et des malheurs, dans le but inavoué de rendre inextinguibles les feux ayant marqué notre passé trouble, est une stratégie diabolique de maintien au pouvoir. Ainsi, en pompier-pyromane hyper-actif et rusé, Paul Kagame est parvenu à se rendre indispensable au regard d’une partie de la population et d’une certaine communauté internationale. Sans être exhaustif, voici ci-après les principales stratégies auxquelles le système FPR-DMI a eu recours, des pièges fatals que le MRD se donne pour mission de désamorcer :
– des théories sur la genèse, l’incubation et la perpétration du génocide. Le plus grand idéologue du FPR, Tito Rutaremara, a récemment tenu des propos incendiaires à l’effet que dans l’éducation dispensée aux enfants hutus, la haine contre les tutsis avait une place primordiale. Une telle affirmation est fausse, définitivement fausse et fondamentalement dangereuse. Heureusement que des voix se sont immédiatement levées, aussi bien dans la communauté hutu que dans la communauté tutsi, pour combattre des propos aussi toxiques pour la cohésion nationale. Mais Paul Kagame lui-même, dans un discours adressé à un groupe de 1000 jeunes de 19 ans, le 30 juin 2013, a déclaré que “les enfants hutus doivent demander pardon pour le génocide qui a été commis en leur nom par leurs parents.” On comprend, dès lors, que l’idéologie du FPR-Inkotanyi ne fait que semer la haine qui, malheureusement, produira d’autres hécatombes au sein de la société rwandaise. En réalité, le pouvoir a institutionnalisé une sorte de globalisation dualiste qui divise la société rwandaise en deux camps diamétralement opposés, d’un côté les BONS-Tutsis-, et de l’autre les MAUVAIS-Hutus. Ceci n’augure pas d’une cohabitation pacifique, car dans une telle logique être hutu est, en soi, un problème. Il y a fort à craindre pour la paix sociale au Rwanda.
– le suprématisme tutsi qui a été érigé en règle d’or, par le pouvoir, au sein de la société rwandaise d’aujourd’hui. Les observateurs les plus crédibles s’accordent sur le fait que tous les leviers du pouvoir politique, économique et social sont entre les mains de membres de l’ethnie tutsie. Même si le pouvoir a vite fait d’abolir la mention ethnique dans la carte d’identité nationale, l’on s’accorde pour affirmer que tous positionnements, toutes promotions et toutes sanctions sociales sont conditionnés par le fait ethnique. Une minutieuse étude menée sur la dévolution des postes de responsabilité au sein de l’armée, de la police, de la diplomatie et des entreprises publiques et parapubliques montre que le pays est véritablement dans les mains des tutsis, surtout ceux venus de l’Ouganda, et que les Hutus sont, le moins que l’on puisse dire, des citoyens de second rang.
C. LE TERRORISME
Le ciment du système FPR-Inkotanyi est la peur qu’il a réussi à semer dans les cœurs et les esprits des Rwandais. Dans d’autres pays, on observe des grèves, des manifestations et autres formes de mécontentements, des mutineries, des coups d’Etat etc. Cela paraît impossible au Rwanda de Paul Kagame. En effet, même la simple critique est punie de mort, de disparition ou d’emprisonnement. Dans ces circonstances, les rwandais préfèrent se taire et suivre moutonnement. C’est ce qui explique le silence plat qui règne sur les collines du Rwanda. En réalité, cette résilience extrême risque de céder place à une nouvelle explosion de la violence.
De tous les forfaits du FPR, l’attentat terroriste perpétré le 6 avril 1994 figure en tête des actes les plus diaboliques pour la nation. C’était au terme d’un processus de paix qui avait débuté depuis le lancement de la guerre en octobre 1990 et le peuple rwandais venait de se mettre d’accord, sous le regard de la communauté internationale toute entière, pour un partage équitable et inclusif du pouvoir en vue d’une transition qui devait remettre le pays sur les rails. Et le FPR, qui ne voulait pas d’un partage du pouvoir mais plutôt voulait tout le pouvoir et à tout prix, a préféré assassiner le Président Habyarimana qui était la tête des institutions de la transition. Les experts devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) André Guichaoua et Alison Desforges ont insisté sur le caractère désastreux de l’attentat du 6 avril 1994. Le sociopolitologue André Guichaoua a dit au TPIR que cet attentat a “libéré les forces les plus extrémistes des deux camps qui n’attendaient qu’un simple déclic pour en découdre une fois pour toutes.”
Paul Kagame persiste à nier sa responsabilité dans cet attentat, mais le fait le plus troublant est que ceux qui l’accusent sur cet acte apocalyptique sont exclusivement ses compagnons d’armes et témoins privilégiés de la nuit du 6 avril 1994 : il s’agit du Général Faustin Kayumba Nyamwasa, Dr Théogène Rudasingwa, James Munyandinda, Aloys Ruyenzi et Abdul Ruzibiza dont le livre “Rwanda, une histoire secrète” fut reçu comme pièce à conviction par la Chambre II du TPIR. Et c’est cet attentat qui a plongé le pays dans le génocide.
En deuxième lieu, dès que l’avion du Président Habyarimana a été atteint, les forces de Kagame ont mis en œuvre ce qu’ils ont appelé opération “punguza wajinga= réduisez ces moins que rien”, c’est-à-dire l’élimination des Hutus à commencer par l’élite. L’expert Gersonny a établi qu’après le seul premier mois de la prise du pouvoir par le FPR il y avait 30 milles personnes sommairement exécutées. Cette opération a continué, puisque dans une vidéo solennelle, le Président Kagame avoue en se vantant qu’il a failli éliminer tout le gouvernement Faustin Twagiramungu, uniquement parce que le Ministre de l’intérieur, Seth Sendashonga qui sera assassiné en 1998 à Nairobi, avait posé la question du massacre des populations hutus par l’armée de Kagame. Cette opération punguza wajinga est, en vérité, le génocide hutu qui continuait.
On se rappelle aussi du discours de Kagame à Nyabihu où il a dit que tous ceux qui s’opposent à lui il va “les fusiller en plein jour.” Ce discours a sonné comme un appel et un encouragement des forces de l’ordre à user de brutalités sans limites. En effet, les exécutions extrajudiciaires ont pris une ampleur sans précédent comme cela est relaté à travers les rapports des organisations internationales des droits humains, Human Rights et Amnesty International en tête.
Nous ne pouvons pas oublier l’institutionnalisation de la torture comme méthode d’Etat dans les safe house qui sont de véritables abattoirs, où beaucoup d’opposants, de journalistes et leaders d’opinion ont été torturés et exécutés.
Force est de constater que le terrorisme du FPR-Inkotanyi s’autofinance ! C’est en usant de terrorisme, comme méthode d’Etat, que le régime FPR-Inkotanyi parvient à amasser des fonds et remplir ses caisses pour financer ses forfaits aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. En effet, les financements du système FPR-Inkotanyi proviennent de 3 axes :
– la spoliation et la déprédation de la population rwandaise : des lois et règlements sont régulièrement adoptés qui exigent de plus en plus d’argent aux citoyens rwandais. Ces derniers doivent verser de l’argent à l’Etat même s’ils ont faim ou sont malades. Les impôts, taxes, amendes, cotisations, contributions “volontaires” etc., le citoyen rwandais ne fait que payer à l’Etat, au risque de subir la brutalité la plus extrême.
– le pillage des matières premières de la RD Congo : comme cela est détaillé dans les rapports d’experts onusiens corroborés par tous les experts sérieux, Kigali est parvenu à bâtir un véritable empire financier grâce aux ressources naturelles du voisin, la RD Congo. Le problème est que le pillage du Congo est facilité par le massacre des populations. Aujourd’hui toutes les chancelleries reconnaissent douze millions de vies humaines exterminées suite à la convoitise des matières premières de l’Est du Congo.
– L’aide au développement extorquée : Kigali a toujours exigé de plus en plus de financements de la part de pays occidentaux en les menaçant de les accuser d’avoir collaboré avec le régime Habyarimana et de n’avoir rien fait pour arrêter le “génocide des Tutsis”.
RECOMMANDATIONS :
1. A la jeunesse du Rwanda : Le Rwanda est votre pays et pays de vos Ancêtres, nul ne peut vous en priver. Levez-vous comme un seul homme pour exiger le changement.
2. Au Peuple Rwandais : Ne vous laissez pas manipuler et martyriser pour les intérêts d’un groupuscule. Prenez vos responsabilités, agissez contre ces manipulateurs et battez-vous pour votre libération.
3. Aux Chefs d’Etat de la sous-région : Le peuple rwandais vous remercie infiniment pour les initiatives en vue du retour de la paix dans la sous-région. Décuplez vos efforts et vos initiatives afin d’éviter que le Rwanda soit un poison mortel pour l’ensemble de nos peuples frères.
4. Aux mass-médias internationaux : Le mensonge d’Etat a pendant longtemps prospéré. Redoublez de vigilance et d’efforts pour remettre en cause la “vérité officielle” qui continue à hypothéquer la vie et l’avenir du peuple rwandais et des peuples de la sous-région.
5. Aux décideurs du système international dans son ensemble : Le peuple rwandais attend de vous plus de compassion et de solidarité active. Aidez et accompagnez le peuple rwandais dans sa marche pour le changement.
Washington D.C
Le 11 Mars, 2024
Secrétariat du MRD

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